11 décembre 2007
H - 25
Nous voila à 25 heures du départ. Tout est bouclé.
Attente. Patience. Calme, curieusement.
On réalise pas encore.
On verra sur le bateau...
17 décembre 2007
Première étape, chefchaouen
Chefchaouen, le 17/12
On se casse, ça fait trois jours dans une ville de touristes et c'est déjà beaucoup. Par contre, c'est magnifique et tout se passe bien. Manu rote et fait "ggnnéé", Kahina rale et se plaint, et Pierre pète et a l'air d'un con en essayant d'apprendre l'arabe et à prononcer le son "qâf" et " 'ayn " (oui je parle de moi a la 3eme personne et alors!). L'arrivée à Nador s'est expédiée en une journée et on s'est tapé 10h de bus de nuit...ça fait mal au cul! On a rencontré Ahmed qui nous a fait une visite de la médina et invité chez lui voir ses plantations de kif, ses chevres, ses ruches, ses vaches, ses 5 enfants et sa femme éventuellement. Manque de bol, on n'arrive pas à le joindre. Mais on y arrivera, a retrouver son petit village Bab-el-Khoums perdu dans les hauteurs du Rif. Pour revenir à Chaouen, je disais que c'est magnifique, y'a des dégradés de bleu de partout dans la médina (on la surnomme d'ailleurs la Ville Bleue, comme Manu me le fait remarquer.) A visiter la nuit. Sur ce quelques photos, si ça marche.
Chefchaouen vu des montagnes
L'équipe de choc
Bateauuu : l'Oujda-Panama
La traversée
Au petit matin, quelque part entre Sète et Nador
La ville bleue
Une des nombreuses rues de la médina de Chaouen, tôt le matin. Je ne mets qu'une photo car je serai tenté de toutes les mettre sinon...
23 décembre 2007
Chez Ahmed
Nous voila donc arrivés chez Ahmed, dans le rif. C'est Manu qui l'a rencontré dans le bus, il a passé la nuit a discuter avec lui, et il nous a finalement invité chez lui. Rif ne rime pas avec kif pour rien. Voila d'ailleurs Kahina roulant son premier spliff. Regardez les doigts qui tremblent! C'est du pur maison!
Vendredi c'était le début de l'Aïd-el-Kebir (fête du mouton 40 jours après la fin du Ramadan). Et comme son nom l'indique, on égorge les moutons...toute la matinée! Et après?? ON LES BOUFFE!!! TOUTE LA JOURNEE!!! On a fait 8 repas uniquement composés de viande, tripes et autres intestins marinés dans moultes épices et sauces. Le tout agrémenté de pain maison et huile d'olive maison également. Un délice!! Mais Kahina en a chopé la tourista le lendemain! (Kai dit : merci pour les détails en ligne...Pierre et Manu répondent : nous on les a eu en direct!)
Après!! Ici Fatima, Manu, Pierre, Muhamed et Ahmed. Et le bélier...
Le rif
Quelques photos dude Bab-el-Khoums :
Ahmed dans sa djellaba....trop la classe!
Manu, Kai et Muhamed. Ils sont mignons!
Meknes
Et voila il fallait bien partir, dans les effusions de larmes de Kahina... Nous arrivons à Meknes hier soir. Une demi heure plsu tard, on croise Amin dans la rue, qui nous propose une chambre pour 3 pour 100 dh. (3euros chacuns)Et petit dèj copieux offert. Sceptiques, nous le suivons avec méfiance. Il nous amène alors au Riad d'Or, un hotel venant d'ouvrir 4 jours plus tot, encore vide et en travaux. Nous découvrons alors un ancien palais d'un desz membres de la famille royale marocaine, racheté par un bisenessman rital qui l'a transformé en un 4 étoiles majestueux et clinquant. Imaginez les trois crados que nous somme foulant des tapis magnifiques avec nos basket crottées et buvant dans le l'argenterie rutilante sans nous être lavés les dents depuis 3 jours (Manu dit : parle pour toi pierre). Cherchez l'erreur. Quoi qu'il en soit, cet hotel est une véritable médina à lui tout seul. BON PLAN!!
Sinon Meknes...c'est assez touristique...Y'a des taxis bèrbères authentiques avec de la vraie laine synthétique dessus, des épices aphrodisiaques à tous les coins de rue et de véritables touristes japonais en meute et en 3D. Par contre la ville possède des murailles magnifiques et énoooorrrrmes (par la taille).
La porte Bab-el-jsais-plus-comment on se renseignera plus tard.
La mosquée au milieu du grand cimetière de Meknes, proche de la médina (bon, on a pas le guide du routard sous les yeux, c'est pour ça qu'on se rapelle pas des noms, sans commentaires)...
A très bientôt et on pense a vous dans le froid de la France! Et félicitation à Nico et Carla!!!
01 janvier 2008
Rabat - Beni-Mellal - Azrou
Une grosse semaine de nouvelles à rattraper. On est donc allé à Rabat, chercher les visas mauritaniens obtenus sans encombre en 2 jours. A l'ambassade, outre son aspect de cave glauque, on a rencontré une tripotée de français qui faisaient à peu près le même trajet que nous. Manu a pas pu nous accompagner, le pauvre, il était cloué au lit (11 fois aux chiotte en une nuit, j'en profite kil est pas là pour le dire...oups il est revenu). Manque de bol, Pierre était le suivant et c'était pas joli à voir. Rabat, par contre ça vaut le coup contrairement à nos réticences initiales. Puis vallait mieux ça que Casa.
Suit Beni-Mellal dans le sud du Moyen Atlas, où je passe la parole à Manu car j'étais malade (j'ai d'ailleurs pu visiter l'hopital de la ville). Manu et Kahina ont trouvé la ville très agréable, très peu touristique et pas chère. On a rencontré Mohammed, un vieux gardien de parking imbibé au vin qui s'enquillait des litrons de rouge en douce derrière sa machine, la bouteille planquée dans la djellaba de son pote. On a mangé chez lui, sa femme était adorable et arretait pas de rigoler, elle le menait à la baguette. Elle lui avait planqué son whisky et l'a pas ressorti de la soirée.
Une nuit passée à Mrirt, où la chambre pour couple comprenait deux lits simples séparés...une journée de merde à attendre un bus qui n'est jamais venu cause de nouvel an, on a finalement trouvé un taxi pour traverser le nord du Moyen Atlas, c'était superbe. Tout marron caca (...si j'étais une couleur...). Arrivés à Azrou hier soir, on se les pèle (1200m d'altitude).
Apparement, ça marchera pas aujourd'hui pour les photos donc sur ce, bonne année et gros bizoux à tous.
09 janvier 2008
Azrou, Rissani ; Rissani, Ouarzazate! Ouais en bus
Oula on a du retard! Salut à tous!
Azrou s'est bien passé, c'est une ville très sympa entourée de montagnes superbes, on s'est bien fait plaisir. Midelt ensuite, on a grimpé de 400mètres : 1600m d'altitude, la ville la plus froide du Maroc! (ou presque). Entre les vendeurs de faux vraissils et de vrais fossiles, le froid et la neige, on était bien content de filer au sud ensuite, à Rissani. On est passé par les gorges du Ziz c'était trop beau, et du bus, on prenait des photos...manque de bol, au moment où j'en prends une, ya un poteau éléctrique qui vient se foutre en plein milieu! depuis les 2 autres se foutent de ma gueule...c 'est petit je trouve, mais bon!
Bref Rissani donc. A peine arrivé dans cette ville sableuse, on rencontre Hassan, qu'on prend au début pour un des nombreux rabatteurs de la ville qui nous harcèlent. On lui répond donc de pas très bonne humeur mais il se laisse pas démonter le mec, il nous invite chez lui! Bon pourquoi pas...au final on reste trois jours chez lui, ils nous emmene dans son bouar(village) Mizguida, un ksar à 5km de là, il nous fait visiter Rissani, les coins un peu paumés et magnifiques, il nous dégote une bouteille de vodka qui fait bien plaisir même si j'étais un peu malade ce soir là. Le quatrième jour on file à Merzouga, parce que bon, même si c'est la côte d'azur du Maroc question touriste, faut bien aller voir les dunes. Et voila qu'on pionce deux nuits sous une authentique tente berbère ... avec des murs. Mais bon c'est pas cher et sympa quand même!
Et le voyage continue, on passe une nuit à Tineghir, pas loin des gorges du Todraa (pas sûr de l'orthographe) qu'on a même pas vu cons qu'on est. Ce soir on est à Ouarzazate, et entre l'hôtel, les bus pour Manu qui part dans pas longtemps, et le cyber, on est même pas encore allé voir la ville. Allé @plus!
Tineghir. Oui, c'est de la neige.
Les photos marchent décidemment pas super bien...j'espère en mettre plus une prochaine fois!
Quelques photos
Face à la dune...whaouuu
Hassan dans son ksar, Mizguida
Encore d'autres, à Merzouga.
Kahina s'est trouvé un mec...il a l'air content! et il est canon!
"Le désert ne se raconte pas... il se vit"
Manuuuu
Une ptite photo de Manu, quand même! Il est pas beau là????
13 janvier 2008
Au revoir Manu!
Eh voila, Manu part demain, on est très très tristes...! Je profite du fait qu'on doivent graver toutes nos photos pour qu'il les rembarque pour le dire, car on reviendra pas demain pour pleurer.
Trois derniers jours passés à Zagora dans un camping sympa et tout verdoyant, où on s'est mis des cuites à l'eau-de-vie de datte avec les gérants, ça passait trop bien...par contre la deuxième cuite, au pastis, est étrangement mal passé pour moi...je crois que je fais une intolérance au pastis, va falloir qu je déménage dans le nord en rentrant. Bref, au petit matin du premier jour, on croise par hasard Majid dans la rue, un ami rencontré à Rissani (à 400km d'ici!) qui venait passer quelques jours ici. Comme quoi, comme on dit ici, un hasard vaut mieux que mille rendez-vous. Ce mec est un phénomène : guide touristique, géologue, pisteur du Dakar, vendeur de minéraux, ethnographe, historien, chasseur de météorites et fermier. Il nous fait visiter la kasbah des juifs de Zagora, on assiste à une fabrication de bijoux en argent et on visite la boutique qui tient plus du musée que de l'échoppe. On y imagine Martinelli aux anges, avec son petit carnet en train de faire des fiches-objet! Ballade dans la palmeraie du coin (vous pouvez admirer sur la photo Robert et Raymonde Bidochon dans la palmeraie d'ailleurs), journée branlette et retour à Ouarzazate.
Le Dadès à la sortie des gorges, pris magnifiquement par Manu, qui ne l'a même pas fait exprès.
Préparation des moules et fonte de l'argent (Pierre, t'es naze, ta photo elle est à l'envers...)
La boutique ethnique authentique traditionelle et typique.
La palmeraie de Zagora dans la vallée du Draa, et son système d'irrigation et de gestion de l'eau trés complexe.
Les Bidochons au Maroc.
Kahina dans son nouveau chech, âprement négocié.
Kahina sous la tente, perdue dans ses innombrables trousses de toilettes, de parfums, de crèmes pour la peau, de décoctions en tout genre...
Magnifiques spécimens de beaufs authentiques, ethnographiés au camping, observés la tapette à mouche et l'eau minérale à la main, en maillot de bain bien sûr...Ils ne sont pas sortie du camping pendant trois jours et le soir...ils regardent la télé evidemment.
17 janvier 2008
Changements
Eh oui Manu parti, il reste Kai et Pierre en tête à tête...ça donne ça :
Manu fait "gnéééé"...il le fait souvent.
Retrouvés à deux à Ouarzazate, on a mis du temps à réaliser qu'il était plus là notre grand Manu! (un moment d'anthologie d'ailleurs, Kai dans la montagne qui me dit "Pierre si je tombe on tombe tous les trois!!!comme quoi, Manu, si tu nous lit, tu peux voir que tu ne nous a pas totalement quitté!) On est donc allé à Taliouine, la ville productrice de tout le safran du Maroc, nichée dans l'Anti-Atlas, c'est un vrai coin de paradis. Les montagnes sont à la sortie des rues. On a pu voir ce qui normalement est la kasbah du Glaoui, un ancien pacha qui a regné sur la région du Souss (autour de Marakkech) jusqu'en 1956. Je dis normalement parce qu'une fois devant on n'a trouvé personne pour nous dire si c'était bien ça! mais étant la plus grande baraque du coin, on ne pense pas se tromper. Oui ok on verrifiera nos infos avant de dire des conneries sur ce blog.
On a appris des tas de choses sur le safran par la coopérative, entre autre que celui qu'on mange en france est mélangé à de la poudre de brique...eh oui c'est moins cher. Chez le producteur, il est à 25dh le gramme (soit 2.2€) A l'autre bout de la chaine, il est à 1.6€ le gramme) c'est pas rentable!
Trois jours passés dans ces superbes montagnes pour rejoindre Tata en minibus puis en taxi. Le minibus, conçu pour 12 passagers, a réussi à accuellir 22 personnes, et le taxi (une merco) en prend en général 7 (3 à l'avant, 4 à l'arrière.) Là le chauffeur croise un ami à lui et y'avait plus de place, donc que fait-il? Il l'invite à poser une fesse sur son propre siège! je sais pas comment il a réussi à conserver le levier de vitesses en main, mais on était sciés.
L'entrée de la kasbah du Glaoui (Taliouine)
Un village à côté de Taliouine
23 janvier 2008
T-T-T-T : Tata, Tafraout, Tiznit...Tombouctou??
Alors, où on en était?
On continue, on continue. On s'est dons arrêtés à Tata pendant 2 jours, on y a fait plein de rencontres, entre autre Kamal, un jeune vendeur et guide qui, faute de mieux, a passé pas mal de temps avec nous, à défaut de nous vendre babioles ou chameaux. (Les grottes du coin, on les visitées tous seuls, après 7 bormes sous un caniard pas possible, et à pied!!) On l'a initié au 421 et il est devenu accro. Par ailleurs Kahina a un nouvel admirateur, Ahmed le patron du bar où on a passé la journée sur la terrasse à se faire offrir thés et gateaux. Drague marocaine, verres de vin et joints à l'oeil, elle a eu droit au final à un énorme gateau tout à la crème : vous imaginez son malaise face à ce gateau plein de LAAIIIT qu'elle ne pouvait pas manger, alors que tous les regards étaient braqués sur elle...moi en attendant, je riais sous cape :D...quoi qu'il en soit très bonne ambiance et très bonnes rencontres. Tata, on reviendra!
(Kahina reprend la plume)
Pierre les mouche tous, il fait l'écolier, dès qu'il entend un mot rigolo (oui Manu ri-go-lo, riiiigoooolooo), il prend le stylo et il les épate en écrivant en parfait arabe.
Tata, c'est sympa mais taper le stop ça fait peur....
Pour quitter Tata, on a du prendre un bus à travers les montagnes qui nous a laissé en plein milieu dans un p'tit village. Il était tard et (Manu je sais c'que tu vas dire) j'avais une fièvre de cheval. Là, on demande partout pour descendre à Tafraoute, y'a rien, pas de transport. On en sait pas plus. Le lendemain matin, la même, y'a rien. On décide de taper le stop malgré les mises en garde des gens qui nous disent une nouvelle fois que y'a rien, pas de voitures, personnes sur cette route. On s'apprète donc à y passer la journée...
Putain, cette ville est paumée! Effectivement pas beaucoup de voiture mais aya, la baraka pour nous! Allez, la 3eme voiture s'arrête, les gars super sympas ont modifié leur parcours, fait 40 bornes de plus et nous ont posé au coeur de Tafraoute. La mama m'a même filé 1 kg de henné (pas en poudre, j'vous dit pas le volume) et 1 kg de dattes. C'est génial ce pays. On a toujours l'impression de rien comprendre. Comme dirait Pierre, c'est comme un jeu vidéo, tu as des bons personnages qui te donnent de la vie, des bonus et des objets, des niveaux supplémentaires, les checkpoints qui te donnent des bonnes infos, des impasses, il faut juste aller au bon endroit... (vous inquiétez pas, on met les solutions sur internet : allez à tata, vous rencontrerez kamal, il vous donnera à manger. En échange, offrez lui un thé. LoL :D ).
Tafroute, c'est superbe, la ville est posée au milieu des cailloux, sur les cailloux et partout autour c'est des cailloux mais des gros cailloux hein, pas des pièèèèrres.
Tafraoute et ses forêts d'immenses cailloux.
Si vous regardez bien, au milieu, y'a Pierre à 4 pattes par terre qui joue à Gollum.... "gnéé, mon précieux, houuuu le maître".
On retraverse une dernière fois les montagnes, c'est toujours super beau mais, pas mécontents de les laisser, à nous d'autres horizons....
Une photo artismique (sans poteau électrique = c'est moi qui l'ai prise)
Tiznit... Rien que le nom il pète. Cette ville a une ambiance spéciale, un goût de départ, elle bouge, elle est même plutôt grande mais y'a un truc, l'impression que c'est la dernière avant le Sahara, que tout le monde se prépare à faire de la route. On dirait que la route appelle. Et ça y est, on l'a entendue, elle a dit "youhou, Pierre, Kahina, c'est votre tour". On a rencontré Lhassan, super sympa qui nous a parlé de toutes les solutions qu'on avait pour descendre. Y'a pleins de camions ici, qui passent et qui vont soit à Dakhla (sud du sahara occidental), soit en Mauritanie, soit au Mali, soit.... Et ça y est, demain matin, on va se poster sur la bonne route dans la bonne direction et attendre. On sait pas encore qui, quand, où, jusqu'où, mais on danse d'un pied sur l'autre en espérant voir arriver celui qui va nous emmener loiiiin. Allé hop, à Nouadibhou! 1000km de poussière et de soleil!
Préparation pour le grand désert...(hum, merci pour la photo!)
Prochaines nouvelles du Mali!!!!
30 janvier 2008
Sahara occidental
Pour nous, c'était la grande aventure, parcourir plus de 1000 km d'une traite nous mettait dans un sérieux état d'excitation....
On est donc partis de Tiznit dans un camion de marchandises en compagnie de deux marocains ne parlant pas un mot de français et voilà, on était partis...
Paysage? Désert mais pas désert de dunes, désert parce qu'il n'y a rien. Non pas que rien ne pousse mais ce qui pousse au milieu de ce sable blanc éclatant n'est rien. Des petits buissons secos qui sont là on sait pas trop comment. Au loin quelques montagnes et jusqu'à Dakhla des grands et beaux poteaux électriques qui ont fait le bonheur de Pierre et l'ont occupé pendant une partie du voyage... Heureusement parce que une fois qu'on s'est émerveillés du rien et que l'excitation de prendre la route est retombée, on se fait quend même franchement chier et puis on commence à avoir des escards....
La route, la route, la route, la route, toujours le même paysage pendant 20h, notre arabe étant relativement limité, on ne peux pas dire que les débats avec nos compagnons de route ont été très poussés... J'ai donc pour ma part occupé mon temps à compter les cadavres d'animaux sur le bas-côté, morts on sait pas trop de quoi (le pays de la soif.... le pays de la soif....). J'ai recensé 1 chameau, 2 chèvres, 1 chien, 10 moutons, 1 lapin, à différents grades de décomposition, plus quelques restes non identifiables (je sais c'est dégeulasse mais on fait ce qu'on peut). Y'avait aussi un nombre incalculable de pneus éventrés mais ça, j'ai pas compté. Pierre quant à lui s'est occupé d'autres animaux : les keufs (heu, ni morts, ni éventrés hein..), y'en avait de toutes sortes, police royale, gendarmerie... On a été arrêtés plus de 24 fois. Barrages, passeport, profession, motif du voyage, destination et tout le tsoin tsoin... Pfff, ils ont au moins doublé le temps du trajet. "Pour votre sécurité" qu'ils disaient...
8h du mat', le camion nous jette au milieu de nulle part (remarque, je vois pas où il aurait pu nous poser d'autre....), il nous restait 1 km à parcourir, la tête dans le cul, pour arriver à un 25ème barrage et à l'embranchement où une route partait direction Dakhla et une autre où Nouhadibou, Nouakchott, Dakar et compagnie...
On est là, à 388 km de Nouhadibou et on lève le pouce, excités comme des puces...
Nouhadibou? Nouakchott? Bamako? Qu'est-ce qui nous attends? (Bon Pierre aurait mis : "Kahina dévoile ses charmes pour qu'on se fasse embarquer", je mets les 2 versions alors)
Nous avons parcouru ces 400km à 60km/h dans un vieux camion mercedes chargé à bloc de marchandises en tout genre, avec à son bord 3 types dont un complètement taré qui a passé le trajet à convaincre Pierre de se marier, de fonder une famille. Que lui il connaissait les femmes, que je n'étais là que pour chercher les enfants et que les voyages ne m'intéressaient pas, seulement le mariage.... avec Pierre.... Flex!
Notre carosse Dakhla-Nouhadibou
Le paysage : route devant, route derrière, la mer à droite, le désert à gauche...
Et pour nous distraire de temps en temps des troupeaux de dromadaires (oui oui, des vrais et par centaines!!!). Je suis en extase : "Ohhhh, regarde y'a un bébé!" , "il est mignon", "et regarde, celui-là il court", "oh t'as vu, y'en a un blanc"...
31 janvier 2008
Arrivée en Mauritanie
Et hop, un tampon de sortie, adieu le Maroc, 4km de no man's land, une piste jonchée de carcasses de voiture et bonjour la Mauritanie....
Perdu, le poste de frontière nous fait bien rire, un petit chalet en bois éclairé à la lampe à gaz, le bureau de change, juste à côté est du même accabit (oui Manu, [akabite]...), une 'tite caravane à deux roues qui a perdu ses vitres, on aime déjà...
Ici les chèvres raffolent des sacs plastiques et on sert aux moutons des saladiers de carton, on se demande comment les voitures roulent, certaines n'ont plus de phares, plus de peinture ou même pas de plaques d'immatriculation, c'est la zone mais c'est un délice. Dans la mer y'a des cadavres de bateaux tous rouillés et y'a un avion qui s'est écrasé il y a 10 ans, il parait qu'il est toujours planté dans la maison...
C'est bizarre mais le Maroc nous parait déjà si loin... (Mais non Manu, on t'a pas oublié...)
On a été détournés
On est rentré dans une association locale avec des monsieurs qui portent des foulards et aiment beaucoup la couleur verte...
On a passé notre première nuit mauritanienne chez Mohammed, et on s'est installés le lendemain dans un camping (on a testé la tente 1/2 place de Pierre, les gros sacs sous les pieds, c'était super sympa...), on y a renconté Moussa qui bosse plus ou moins là-bas et a fini par nous inviter chez lui (sous grand secret évidemment). OK, on passe une nuit dans la famille et on part demain matin pour Nouakchott (visas Maliens) et direct Bamako. Tu parles!! Chaque jour, on se faisait détourner, et on reportait le départ au lendemain. On a fini par s'avouer qu'on se faisait détourner, nous les spécialistes du détournement, et à assumer notre nouveau statut de détourné en prévoyant directement une semaine chez les Sall. Le Mali nous attendra.
Pierre s'est fait enrôler par de nouveaux amis
Alors on boit du thé, on apprend à le faire sans en foutre partout, exercice relativement difficile, on mange le riz et on tente tant bien que mal de faire des belles boules avec notre petite main et puis on regarde les matchs de la CAN tous les jours, y'en a 2 alors ça prend un peu du temps, on devient supporter (le Mali est déjà éliminé, snifsme) et même je commence à comprendre quelques trucs du foot... Bon, ça paraît être un programme de branleur, ça l'est un peu m'enfin, on passe du bon temps et puis, on est en année sabbatique... Merde!
Faut que ça mousse... ah oui!!
























